Connue
dans toutes les races canines, la dysplasie de la hanche est une affection articulaire
complexe, héréditaire mais non congénitale. Elle frappe
surtout les chiens de format moyen, grand ou géant. Après le diagnostic
par un examen radiographique, le traitement chirurgical est envisagé
lorsque les symptômes handicapent le chien.
Anomalie
du développement de l’articulation coxo-fémorale, la dysplasie
de la hanche provoque une instabilité articulaire entraînant des
troubles biomécaniques à l’origine d’arthrose, de façon
plus ou moins précoce. Les difficultés locomotrices du chien atteint
ne sont pas corrélées au degré de dysplasie. Leur intensité
et le moment de leur apparition varient d’un chien à l’autre. Si la la
dysplasie de la hanche est décrite presque dans toutes les races canines,
les vétérinaires la diagnostiquent surtout chez les races de format
moyen, grand et géant (Berger Allemand, Briard, Beauceron, Boxer, Cocker,
Dogue Allemand, Golden Labrador...). Cette affection est bilatérale dans
la presque totalité des cas et affecte les deux sexes, alors que dans
notre espèce, les femmes sont plus touchées que les hommes.
Les scientifiques estiment actuellement que la dysplasie de la hanche est une
affection héréditaire mais pas congénitale (le chiot naît
avec une hanche normale). Elle est difficile à éliminer par sélection
génétique car plusieurs gènes sont concernés et
l’expression de l’affection est variable. Des chiens porteurs ne présentent
pas de symptômes - ni de lésions visibles à la radio - peuvent
la transmettre à leur descendance.
Attention
à l’excès
de poids
_________
Des facteurs non génétiques interviennent dans l’expression de
la dysplasie de la hanche. L’hyperlaxité articulaire coxofémorale
(dont la cause n’est pas connue) favorise le déplacement de la tête
du fémur dans la cavité articulaire. L’alimentation et une vitesse
de croissance trop rapide jouent un rôle dans la qualité du développement
de la hanche. Un excès en protéines (viande) et en minéraux
augmente le risque de dysplasie. La surcharge pondérale (de plus en plus
fréquente et précoce chez le chien) déforme l’articulation.
Le développement insuffisant de la musculature fessière est aussi
un facteur de risque, de même qu’un exercice physique excessif avant l’âge
adulte. Les scientifiques travaillent aussi sur le rôle éventuel
de la conformation du squelette.
Selon la théorie actuellement admise, la dysplasie coxo-fémorale
est une instabilité articulaire résultant d’une mauvaise contention
musculaire, due au développement inadapté des muscles de la croupe.
Un mauvais contact entre la tête du fémur et la cavité articulaire
se développe progressivement pendant les six premiers mois du chiot.
On observe une subluxation de la tête du fémur résultant
de l’hyperlaxité articulaire.
Douleur
possible
dès 5 mois
_________
Ceci provoque des lésions du cartilage notamment sur la tête du
fémur. Les éléments non osseux de l’articulation (ligament,
capsule et synoviale) subissent aussi des modifications. Les premiers symptômes
douloureux peuvent apparaître dès 5 ou 6 mois, dus à des
microfractures du rebord de l’articulation, une distension du ligament rond
et des contractions musculaires. Après un délai variable, l’arthrose
survient, qui provoque de nouvelles modifications des structures articulaires,
aggravant l’affection. Des chiots dysplasiques peuvent présenter une
arthrose avancée dès l’âge de 9 mois.
Le diagnostic de la dysplasie de la hanche est clinique et radiographique (diagnostic
officiel).
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La
radiographie
pour le diagnostic officiel
Seul
un examen radiographique permet de diagnostiquer avec certitude la
dysplasie de la hanche. C’en est d’ailleurs le diagnostic doit être
effectué sur le chien placé dans une position standard
(sur le dos, les membres postérieurs en extension) sous anesthésie.
En raison de l’aspect évolutif dans le temps de la dysplasie
de la hanche, les clichés réalisés sur des chiens
très jeunes (un an ou moins) ne sont pas toujours fiables.
Plus l’âge avance, plus les risques de mauvaise interprétation
du cliché diminuent (près de 100% de certitude vers
l’âge de 3 ans, contre environ 90% à 2 ans). C’est pourquoi
la Fédération cynologique internationale (FCI) demande
d’effectuer les clichés à partir de 12 mois, 18 mois
pour les races géantes.
Selon les élélments observés par le vétérinaire,
le chien est classé dans l’une des cinq catégories |
de
la classification de la FCI : A (pas de signe de dysplasie), B (stade
intermédiaire), C (dysplasie légère), D (dysplasie
moyenne) et E (dysplasie sévère). Malheureusement, la
dysplasie peut apparaître jusqu’à l’âge de 2 ou
3 ans : certains chiens classés indemnes lors d’un examen radiologique
précoce peuvent se révéler atteints plus tard...
Il est donc recommandé de pratiquer un nouvel examen un an
après le premier. Ceci est particulièrement vrai pour
les chiens cotés B.
Selon la fréquence estimée de la dysplasie dans chaque
race, les clubs admettent pour la reproduction des chiens des catégories
les moins atteintes.
Des techniques radiographiques de dépistage plus précoce
existent (procédé Penn Hip) ou sont à l’étude. |
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Sujet sain

Sujet atteint
Pour
l’instant, l’échographie ne permet pas un dignostic fiable. Le traitement
de la dysplasie de la hanche est chirurgical. Il vise à positionner correctement
la tête du fémur dans son articulation. Plusieurs techniques opératoires
existent. Toutefois, certains chiens dignostiqués dysplasiques peuvent
vivre très bien avec leur affection puisque la gravité des symptômes
(douleur, boiterie) varie selon les individus. Le suivi du chien par son vétérinaire
pendant la croissance -particulièrement important pour les races de grand
format- permet au praticien de conseiller la conduite à tenir.
| "Certains
chiens diagnostiqués dysplasiques peuvent vivre très bien
avec leur affection puisque la gravité des symptômes (douleur,
boiterie) varie selon les individus" |
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Les
signes
cliniques
Cliniquement,
la dysplasie de la hanche chez le chien évolue en quatre phases.
1. Avant
6-8 mois, la démarche est anormale (l’arrière-train
chaloupe). Une douleur est observée seulement lorsque la subluxation
des hanches est importante.
2. Ensuite
et jusqu’à 10-12 mois, la douleur due à la distension
ligamentaire, aux microfractures articulaires et aux contractions musculaires
provoque une boiterie d’une ou deux pattes arrière, qui peut limiter
les déplacements du chien.
3. Vers
un an, une amélioration peut survenir, la démarche
peut même redevenir normale.
4. Une
boiterie peut réapparaître ensuite, due à
l’arthrose qui se développe. L’importance des troubles locomoteurs
est très variable selon les individus et le degré de l’affection.
Le signe d’Ortolani permet au vétérinaire de suspecter la
dysplasie de la hanche. Traduisant la laxité articulaire, il apparaît
lors d’une manipulation particulière de la hanche. Une anomalie
de la démarche et le faible développement des muscles fessiers
orientent aussi le diagnostic. Il doit toutefois toujours être confirmé
par la radiographie.
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